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Cirque, circulaire, circulez

D 7 novembre 2016     H 14:03     A gepeto     Version imprimable de cet article Version imprimable


Les économies vertes , bleues [1], circulaires [2] ont toutes en commun de promouvoir encore et encore la production, une production plus respectueuse de l’environnement, une production plus correcte, mais de fait encore et encore une production de la consommation. Ces économies rassurent ! Certainement, des gens qui savent, vont influer l’ensemble du système productiviste, montrant ainsi son intérêt qui a priori est le même que celui de tout un chacun : bonheur, joie, bonne santé de toutes et tous et de la planète... On peut rêver.

Quand on parle de recycler 40 ou 60% par an d’une chose cela veut toujours dire qu’il y a 60% ou 40% de cette chose qui deviennent hors d’usage par an, la courbe de disponibilité sombre inexorablement de plus en plus vite. Cela ici, mais aussi en Chine ou ailleurs. Regardons en face les chiffres du gâchis et de l’entropie et pas ceux de la finance.

Quelques soient les bonnes intentions, d’ici 10 ans, ou 20 ans, qu’importe, nous devrons affronter de nombreuses pénuries, des manques, des dérèglements aux conséquences catastrophiques pour quelques-uns, voire beaucoup, mais en souhaitant que cela se passe loin... Le salut est-il dans l’oubli ?

Ne devrait on pas nous organiser dès à présent pour faire sans ? Cela semble si évident qu’au moins nous devrions réfléchir, discuter, informer d’un plan B car toutes les politiques du monde ne font qu’une chose : ajouter du sursit et rien d’autre. Qu’allez vous faire sans votre smartphone ? Revenir à la radiophonie analogique ? Sans votre voiture ? Sans supermarché ? C’est de ça dont il faut au moins parler.

Par rapport à notre association :

Ce n’est pas en utilisant une profusion d’objets connectés, augmentant notre pouvoir de pollution, ou par des emplois dans des industries qui produisent elles aussi des montagnes de déchets - pensez à ce qu’un super-paquebot représente en la matière sur 50 ans - que nous allons combler ces manques. Ce n’est pas en achetant une voiture prétendue verte, dont l’énergie grise [3] (étude, construction, recyclage), celle qui ne figure pas sur le prospectus, fait qu’à l’achat, elle a consommé plus que l’utilisation qu’on peut en faire durant toute sa vie.

Selon l’ADEME ADEME Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie , le taux de ré-utilisation des DEEE DEEE Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques informatique est plutôt voisin de 1%. Il y a 10 ans, le marché de l’occasion informatique s’est écroulé, l’année dernière c’est l’économie du recyclage des composants qui est devenu inaccessible aux petites structures, simplement par une augmentation des coûts de transport.

Le changement de la catégorie 3 des DEEE DEEE Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques (l’informatique devient en 2015 du déchet ménager) change encore la donne chez les professionnels et désorganise pour une nouvelle organisation dont on ne voit pas encore le bénéfice.

Il n’y a plus de rentabilité pour les petites structures.

Par exemple, ENVIE44 qui récupérait nos déchets ne le fait plus qu’indirectement à travers les déchetteries. Donc tout ce qui relève de l’information, de l’intérêt , du bricolage des ordinateurs ne passe plus par là, et cela nous rajoute un coût de transport.
Les sociétés valoristes ne se déplacent plus que pour une tonne de matière minimum.
Même des choses indirectes comme la disparition de la location de véhicules aux associations suite à la nouvelle gestion municipale, nous impacte.

Plus généralement dans les solutions globales proposées, les déchets étant souvent transformés en produits avec l’aide de l’argent public, on peut aussi craindre que les beaux modèles d’économies circulaires se transforment en aspirateurs de fonds publics, tout en servant de vitrine verte à des entreprises en mal d’image. Saint Marketing et saint design priez pour nous.

Des notes :

Ceci concerne la partie "matière inanimée" ; celle du vivant est tout aussi problématique : brevetage du vivant, manipulations génétiques aisées [4], désinformations reines...

Que nous reste-t -il à faire, à penser ?

Peut être déjà, imaginons nos dystopies. Dystopies au cinéma

En revenant à nos moutons noirs.

L’action cette année comme à l’année dernière de ne pas participer davantage à la tromperie ambiante autour de l’événement "Digital Week", par exemple, nous a semblé importante.

Cela a été pour nous une vraie décision, car nous avons fait le choix de laisser de côté une subvention de 3500€ venant de la CARENE, mise en place précédemment pour l’information sur la consommation et la réduction des déchets sur des fonds de l’ADEME ADEME Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie octroyée à la collectivité et devenue tout d’un coup argument indiscutable de la mairie à la participation de justement cette "Digital Week" : SNALIS oeuvre dans le numérique donc SNALIS doit participer. Cela tient d’une certaine logique. Il faut noter qu’à Nantes pratiquement toutes les associations ont aussi subi ce genre de pression... Traduction : ce ne sont pas des commandes ni des prestations mais des aides, bien sur... Toutes les petites assos ne rêvent qu’à être connues et participer au grand Économique, au rêve marchandisé, pardon au grand rêve de l’économie marchande.... Numérique rime avec économique.

Et que restera t il dans l’esprit des gens sur un moment de publicité générale, ode technophile à l’acceptation béate des usages des outils numériques ? Il est évident que seules les structures les plus importantes, entreprises, IBM, Orange, Airbus, STX, etc en tireront profit, un budget de com... La critique organisée est nécessaire au panache de la chose.

Saint-Nazaire (en tant que super quartier industriel Nantais) comme le désireraient certains, pourrait être au cœur de la conception, de la fabrication de quelques objets connectés, de services et d’ingénieries consommatrices et prescriptrices de techniques elles-mêmes consommatrices de tout ce qui fait le "numérique".
Derrière ce "numérique" nous voyons, nous, tout ce contre quoi nous luttons.

Cet impératif à participer à l’événementiel nous aurait placé aussi dans cette course qui fait oublier la réalité des choses. SNALIS travaille toute l’année à mettre en place une information telle que l’ADEME le définit : Réutiliser plutôt que recycler, réutiliser plutôt que produire à nouveau.

Lors de notre participation et notre sélection par l’AFNIC, Mme Axelle Lemaire, secrétaire d’état au numérique et de l’Innovation, a même salué nos actions.

Avec un peu de recul et en positivant cette expérience, il est évident que nous devons encore changer, comme toutes les structures militantes doivent s’adapter continuellement. Nous devons nous tourner sans doute d’avantage vers l’information et la médiation pour tous d’un côté, et prôner le regroupement des forces autour de la partie matérielle et DEEE DEEE Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques de l’autre, peut-être via les collectivités. Nous ne sommes plus le bon outil quant au recyclage lui-même, mais nous serons davantage à notre place à en parler en renouant avec notre réseau et notre savoir en matière d’éducation populaire.