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SNALIS dans le magazine Breton YA !

D 3 octobre 2013     H 14:06     A     Version imprimable de cet article Version imprimable


L’équipe de SNALIS a été interviewée par le rédacteur en chef de Ya ! pour la rubrique Ecologie et Solidarité. Ya ! est le seul hebdomadaire en langue bretonne, issu d’une maison d’édition bretonne, qui mêle actualité et divertissement.

Nous remercions Monsieur Patrick Lecat pour son travail de traduction de l’article. Car bien évidemment chez nous, personne parle breton ;)

Le monde des logiciels libres

Choisir Linux et les logiciels libres c’est lutter pour son autonomie, cela pourrait être la devise de SNALIS, installée à Saint Nazaire.
Stéphanie Dupin a été communicante pendant des années, 4 ans 1/2 à Paris, un an 1/2 à Clermont-Ferrand, avant de choisir de faire le même travail à Guérande pour être avec son mari. Elle y a passé un an avant de perdre son travail. Elle a toujours travaillé dans l’univers du commerce équitable. Elle lutte maintenant contre le grand aéroport qui doit être construit pas loin de chez elle.

Yann Le Pollotec a été gérant auparavant. Il était commerçant en gros,
approvisionnant les petites boutiques bio en produits équitables entre Saint Nazaire et Poitiers. Ensemble ils sont réunis pour travailler avec Jean-François Rolez.
Mais ce n’est pas sur le terrain des produits bio, du commerce équitable et de choses de ce genre.

Dans une maison dont la mairie de St Nazaire est propriétaire, au 61 rue d’ Anjou, ils travaillent tous à réparer des ordinateurs au nom de l’ association Snalis. Mais il ne s’agit pas de n’importe quel ordinateur puisque la ville de St Nazaire est encline à aider les gens qui veulent travailler avec les logiciels libres. « Un peu comme à Brest qui a toujours été une ville exceptionnelle pour cela. Il y a déjà 10 ans la ville aidait à diffuser les logiciels libres » dit Yann Le Pollotec.

Au 61, comme ils disent, ils ont un garage plein de matériel et une salle pour recevoir les gens. Au premier étage ils ont tiré parti de la cuisine et transformé les chambres en bureaux. C’est là que travaille Stéphanie Dupin depuis le 17 juin seulement, comme secrétaire, chargée du développement et des relations, de la gestion et et de toutes questions administratives.

Yann Le Pollotec se consacre à la formation et au développement et Jean-François Rolez, le second technicien à la maintenance et au réseau. Ils peuvent compter sur le secours d’une dizaine de personnes bénévoles qui sont avec eux quasiment chaque jour pour réparer les ordinateurs. « Et ils sont déjà plus pointus que nous. Sans eux la Snalis ne pourrait pas tourner » dit Stéphanie Dupin.

Un réseau
Il y a déjà 5 ans, en 2008, qu’était lancée la Snalis sur l’exemple de leurs amis de Nantes, Alis 44, créée il y a longtemps, en 2005. Tous ont le même souci, installer des logiciels libres tels que Linux car les machines durent beaucoup plus longtemps et en outre l’utilisateur peut réparer sa machine sans qu’il lui soit nécessaire d’acheter quoi que ce soit au fournisseur. On comprend mieux ainsi ce qui conduit des gens comme Stéphanie ou Yann à venir à la Snalis. Ils ont l’aide de la municipalité et il leur est donc plus facile d’entrer en relation avec les commerces, les entreprises et même les particuliers qui leur donnent leurs machines quand ils veulent s’en débarrasser. « Pourvu qu’elles aient moins de 6 ans et soient en état de fonctionner » précise Stéphanie Dupin. Ensuite elles sont réparées par l’équipe et données aux gens après que ceux ci aient attendu quelque 3 semaines car la Snalis ne peut pas répondre tout de suite à toutes les demandes. Lorsqu’ils sont à cours ils peuvent obtenir de l’aide d’ Envie 44 de Nantes, spécialisée dans la collecte de machines domestiques électriques. Cet été ils ont participé au Summerlab 2013, une fête organisée par Ping, une association consacrée aux logiciels libres à Nantes.

Réponse à un besoin
Une fois les machines reconditionnées, elles sont données aux gens qui viennent demander, sans qu’il y ait la moindre enquête. Il leur est suffisant de s’inscrire pour 20 € et ils emportent leur machine après avoir suivi un cours de 2-3 heures pour savoir s’en servir. « Nous ne cherchons pas à savoir qui en a vraiment besoin et qui n’en a pas. Les choses fonctionnent de manière naturelle. Ce sont les gens qui ont le moins d’argent que l’on voit venir. Et c’est bien comme cela » ajoute Stéphanie Dupin. Au cours de l’année ils peuvent revenir pour améliorer leur savoir, pour rechercher du matériel supplémentaire comme une imprimante ... « Ainsi nous sommes différents de collègues comme Défis à Lorient, car nous ne travaillons que sur des logiciels libres et nous donnons les machines au lieu de les louer. » complète Yann Le Pollotec.
Avec le temps ils ont développé leur version, XUB, une extension de XUBUNTU, l’une des versions d’application de Linux. C’est celà qui est installé sur toutes les machines qu’ils reconditionnent et qui est installé aussi sur celles d’une association sœur, Nâga à Rezé. « Notre but n’est pas de croître et de croître encore. Nous préférons faire bien sur notre bout de pays, qui fait quelque 200 000 habitants, et aider d’autres à s’installer ailleurs » dit la coordinatrice.

Avenir incertain

Mais des nuages noirs s’accumulent sur les employés de Snalis. Les trois personnes sont sous contrat aidé et à court terme. Et il leur est très difficile de se financer. Ils ont beau donner 200 ordinateurs par an, offrir un vrai service de formation pour les gens en situation difficile ce n’est pas encore gagné. S’il y a des exemples qui fonctionnent comme Calis à Cholet il y a aussi d’autres exemples comme Realis à Rennes qui montrent malgré tout que ce n’est pas si évident.
Alors ils comptent sur leurs propres forces, leur réseau, leur imagination.
Le 5 octobre ils prendront part à une fête organisée à Nantes par les Amis de la Terre sur le réemploi des outils numériques... Au mois de janvier 2014 ils publieront un jeu pédagogique sur le même thème, que les gens pourront trouver sur d3e-ressources.snalis.org.